
Les sapeurs-pompiers sont intervenus ce dimanche 4 octobre 2026, un peu avant 7 h 20, au 3 chemin du Moulin des Marais, à Nantes, pour un feu dans un camp d’habitat précaire du secteur de la Prairie de Mauves.
Quatre caravanes ont été détruites par l’incendie, que les pompiers ont maîtrisé à l’aide de trois lances. L’origine du sinistre n’est pas connue.
Environ cinquante personnes ont dû être évacuées. Avec le concours de la police, un périmètre de sécurité a été mis en place. Plusieurs bouteilles de gaz ont été mises en sécurité, et celles qui étaient exposées aux flammes ont été refroidies.
Personne n’a été blessé
Cinq familles, soit seize personnes, devront en revanche être relogées.
Vingt-quatre sapeurs-pompiers ont été engagés, aux côtés de la police nationale et d’un élu de permanence.
Ce n’est pas la première fois que le feu frappe ce secteur. Le 20 juillet, un incendie parti du chemin du Moulin des Marais avait parcouru une dizaine d’hectares et détruit deux campements. La mairie avait alors ouvert un gymnase pour héberger les sinistrés en urgence. Trois jours plus tôt, le 17 juillet, un hectare de broussailles avait déjà brûlé au même endroit.
L’origine de ce nouveau sinistre reste à établir. Pour Roata, ni la météo ni un phénomène naturel ne semblent être les premières pistes à retenir. L’association demande que soit examinée la sécurité des installations électriques, « précaires et insuffisamment sécurisées ».
« Au-delà de l’origine précise de ce nouvel incendie, cet événement pose une nouvelle fois la question des conditions de vie dans les bidonvilles et de la politique menée pour leur résorption », écrit Philippe Barbo, au nom de l’association.
Des conditions de logement incompatibles avec une insertion durable
Roata rappelle que des familles installées en France, dont certaines travaillent et vivent durablement sur le territoire, restent dans des conditions de logement incompatibles avec une insertion durable. Elle s’inquiète aussi du sort du terrain voisin, MDM3, visé par une procédure d’expulsion : l’audience devant le tribunal judiciaire est prévue le 15 octobre. Une expulsion sans travail concerté sur le relogement « risque avant tout de déplacer le problème », estime l’association.
Roata demande à Nantes Métropole et à ses 24 communes, au Département et à l’État de « définir une politique cohérente » associant fermeté et humanité. Fermeté face aux incivilités, aux délits, à l’économie grise et aux situations d’exploitation sur certains terrains.
Humanité, avec des diagnostics sociaux individualisés, l’accès au logement ordinaire quand c’est possible, et des solutions intermédiaires ou plus pérennes, comme les terrains d’insertion temporaire ou des terrains familiaux aménagés, notamment en auto-construction.
« Il devient nécessaire de s’interroger sur les moyens réellement mobilisés pour sortir durablement les personnes de ces conditions de vie, tout en traitant les éventuelles infractions et situations d’exploitation qui peuvent exister sur certains terrains et qui pourrissent la vie des riverains », conclut Philippe Barbo.




