Châteaubriant

Pauvreté en Loire-Atlantique : Châteaubriant en bas du classement selon l’INSEE

Selon les données FILOSOFI 2023 de l'INSEE, la commune de Châteaubriant affiche le taux de pauvreté le plus élevé parmi les grandes communes de Loire-Atlantique : 19 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, pour un niveau de vie médian de 23 000 euros annuels, soit près de 3 000 euros de moins que la médiane départementale.

Les chiffres sont officiels, publiés le 5 mai 2026 par l’Institut national de la statistique et des études économiques dans son fichier localisé social et fiscal, dit FILOSOFI 2, millésime 2023. Ce nouveau dispositif, qui introduit des changements méthodologiques par rapport aux éditions précédentes, permet de comparer pour la première fois sous ce format les niveaux de vie à l’échelle des communes, des intercommunalités et des départements.

Châteaubriant : 19 % de la population sous le seuil de pauvreté

À l’échelle de la commune stricto sensu, Châteaubriant enregistre un taux de pauvreté de 19 % et un niveau de vie médian de 23 000 euros annuels par unité de consommation. Ces deux indicateurs sont les plus défavorables parmi l’ensemble des communes de Loire-Atlantique disposant de données diffusables dans le fichier FILOSOFI 2023.

Avec ses 23 000 euros de niveau de vie médian annuel, Châteaubriant affiche le chiffre le plus bas du département. La moitié de sa population vit en dessous de ce seuil, sans les hauts revenus qui, dans une ville comme Nantes, atténuent mécaniquement la médiane. À Châteaubriant, la pauvreté est structurelle et diffuse, elle n’est pas concentrée dans quelques quartiers.

Le seuil de pauvreté est fixé par l’INSEE à 60 % du niveau de vie médian de France métropolitaine, soit 15 456 euros annuels en 2023, la médiane nationale s’établissant à 25 760 euros.

Pour situer Châteaubriant dans son environnement immédiat : le bassin de vie 2022 centré sur la ville, qui agrège la commune-centre et les communes environnantes, présente des indicateurs moins dégradés, avec une médiane à 23 820 euros et un taux de pauvreté à 14,6 %. L’écart entre les deux périmètres traduit la concentration des situations précaires dans la ville-centre, les communes du bassin de vie atténuant mécaniquement les chiffres dès que le périmètre s’élargit.

Des écarts considérables à l’échelle du département

En Loire-Atlantique, le niveau de vie médian s’établit à 25 850 euros, légèrement au-dessus de la médiane nationale de 25 760 euros. Le taux de pauvreté départemental atteint 11,5 %, au-dessus de la moyenne nationale de 15,4 %. Ces moyennes masquent une hétérogénéité territoriale très marquée.

Pour les principales communes du département disposant de données dans FILOSOFI 2023 :

Pornic : 29 470 euros de niveau de vie médian, 7 % de taux de pauvreté.
Guérande : 28 630 euros, 8 %.
Nantes : 28 650 euros (taux de pauvreté soumis au secret statistique).
Clisson : 28 020 euros, 9 %.
Ancenis-Saint-Géréon : 26 100 euros, 13 %.
Machecoul-Saint-Même : 25 310 euros, 10 %.
Saint-Nazaire : 24 750 euros, 18 %.
Châteaubriant : 23 000 euros, 19 %.

L’écart entre Pornic et Châteaubriant dépasse 6 400 euros de revenu disponible annuel par unité de consommation, soit plus de 530 euros par mois.

La CC Châteaubriant-Derval en retrait sur la médiane intercommunale

À l’échelle intercommunale, la communauté de communes Châteaubriant-Derval (CCCD) affiche un niveau de vie médian de 23 830 euros et un taux de pauvreté de 14 %. Elle se classe ainsi parmi les EPCI les moins favorisés du département, à distance significative de la CC Clisson Sèvre et Maine Agglo (27 720 euros, 6 %) ou de Cap Atlantique (28 430 euros, 8,9 %).

Le tableau des six EPCI de Loire-Atlantique présents dans les données :

CC Châteaubriant-Derval : 23 830 euros, 14 %.
CC Pays d’Ancenis : 25 980 euros, 9 %.
Pornic Agglo Pays de Retz : 27 320 euros, 7,6 %.
CC Clisson Sèvre et Maine Agglo : 27 720 euros, 6 %.
Nantes Métropole : 27 840 euros, 14,4 %.
Cap Atlantique : 28 430 euros, 8,9 %.

Les inégalités internes au département

Les données FILOSOFI 2023 fournissent pour le département des indicateurs d’inégalités complémentaires. Le premier décile (D1) s’établit à 13 230 euros annuels, le neuvième (D9) à 45 500 euros. Le rapport interdécile D9/D1 atteint 3,4 : les 10 % de ménages les plus aisés disposent d’un niveau de vie au moins 3,4 fois supérieur à celui des 10 % les plus modestes. L’indice de Gini est de 0,284. Le rapport S80/S20, qui mesure le rapport entre la masse de revenus des 20 % les plus riches et celle des 20 % les plus pauvres, atteint 4,4.

La part des minima sociaux dans le revenu disponible des ménages représente 2,2 % à l’échelle du département, à égalité avec la part des indemnités de chômage. Les salaires et traitements constituent 61,3 % du revenu disponible, les pensions et retraites 28 %.

Note méthodologique

Le millésime 2023 de FILOSOFI constitue le premier millésime du dispositif FILOSOFI 2. L’INSEE précise que les résultats 2023 ne sont pas directement comparables avec les millésimes antérieurs (2012 à 2021). Le seuil de pauvreté est fixé à 60 % du niveau de vie médian de France métropolitaine. Les résultats sont soumis au secret statistique lorsque les effectifs sont insuffisants pour garantir la confidentialité des données individuelles.

Actu44.fr cite les sources. Toutes les données citées dans cet article sont issues du fichier DS_FILOSOFI_CC_2023, disponible en téléchargement sur le site de l’INSEE (insee.fr, publication du 5 mai 2026).

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