
Élu au conseil municipal de Nantes de 2014 à 2026, Bassem Asseh a occupé les fonctions d’adjoint au dialogue citoyen puis de premier adjoint de Johanna Rolland de 2020 à 2026, en charge notamment de la politique de la ville et, à partir de 2023, de la sécurité et de la tranquillité publique. Dirigeant d’entreprise dans le secteur de l’intelligence artificielle et membre du Parti socialiste, il s’était retiré de la liste municipale en mars dernier.
Fin août, il a livré à la Fondation Jean-Jaurès un texte d’une vingtaine de pages intitulé Douze ans à l’épreuve du réel, réflexions d’un ancien adjoint au maire. Né à Beyrouth en 1974, arrivé en France en 1990, Bassem Asseh y raconte que son engagement politique tient d’abord à une conviction forgée dans son enfance sous la guerre civile libanaise, celle que la puissance publique est un rempart indispensable contre l’arbitraire.
Sécurité : la gauche ne manque pas d’idées, elle manque de courage
Sur la sécurité, il défend une ligne nette : la gauche ne manque pas d’idées sur la sécurité, elle manque de courage. Il y développe l’idée que l’insécurité touche d’abord les habitants des quartiers populaires, les locataires du parc social et les commerçants de proximité, avant de détailler l’action menée à Nantes, doublement des effectifs de police municipale, déploiement de la vidéoprotection, création d’une trentaine de postes de médiateurs de rue.
Bassem Asseh consacre un long développement à l’automne 2022, période marquée par un viol et un assassinat lié au narcotrafic qui avaient nourri un emballement médiatique national autour de la réputation sécuritaire de la ville, et en tire plusieurs enseignements sur la manière de répondre à ce type de crise. Il aborde enfin le narcotrafic comme une question sociale autant que policière.
Politique de la ville : dissocier le bâti et l’humain
Sur la politique de la ville, l’ancien premier adjoint distingue la dimension urbaine, visible et facilement valorisée, de la dimension humaine, l’accompagnement des habitants vers l’accès à leurs droits, à l’emploi, à la santé, qu’il juge plus difficile à financer dans la durée. Bassem Asseh revient sur l’occasion manquée du rapport Borloo de 2018, resté sans suite, puis sur les émeutes de 2023, et formule plusieurs propositions pour rééquilibrer l’investissement urbain et le fonctionnement humain de cette politique.
Dialogue citoyen, une méthode nantaise au bilan contrasté
Sur le dialogue citoyen enfin, présenté comme le principe d’une ville délibérative, il détaille la méthode nantaise construite depuis 2014, fondée sur la responsabilité des élus, la transparence et le pluralisme des participants, et en dresse un bilan contrasté entre progrès réels et limites persistantes, notamment sur la participation des habitants les plus éloignés de la vie publique.
Le retrait de la liste municipale et la rupture avec La France insoumise
Dans sa conclusion, Bassem Asseh parle longuement sur son retrait de la liste municipale en mars dernier. Il y explique que son opposition tenait à l’accord technique noué entre la liste de Johanna Rolland et La France insoumise entre les deux tours, qu’il distingue d’une fusion programmatique fondée sur un projet partagé.
Il y développe une critique argumentée de plusieurs prises de position de Jean-Luc Mélenchon, qu’il juge porteuses d’un vocabulaire proche de la pensée racialiste, et affirme que la politique reste pour lui d’abord affaire de loyauté envers des principes.
Bassem Asseh a par ailleurs fait savoir qu’il soutient Raphaël Glucksmann pour la primaire à gauche.
Le texte complet est à retrouver sur le site de la Fondation Jean-Jaurès.
Visuel de Une : En mars 2026 à Stéréolux, Bassem Asseh © Alain Moreau.




