
Châteaubriant : Alain Hunault reste dans son fauteuil : une formalité électorale.
Avec 67,55 % des suffrages exprimés, Alain Hunault, le maire sortant remporte une victoire sans appel et s’offre un cinquième mandat dès dimanche soir.
Il n’y a pas eu de suspense. À peine les bureaux de vote fermés, les chiffres sont tombés comme une évidence : Alain Hunault rafle 67,55 % des suffrages exprimés face à Maxime Hupel, crédité de 32,45 %. En vingt-cinq ans de magistère municipal, le notaire-maire de Châteaubriant n’avait sans doute jamais connu victoire aussi nette, aussi tranchée, aussi définitive.
Une formalité, disait-on en coulisses avant le scrutin. C’en était une.
Les chiffres qui disent tout
Sur 8 850 inscrits, 4 850 Castelbriantais ont fait le déplacement, soit un taux de participation de 54,80 %, honorable pour un premier tour de municipales. Des 4 669 bulletins exprimés, 3 154 ont porté le nom d’Alain Hunault. Maxime Hupel, lui, n’en recueille que 1 515, moins d’un tiers de l’électorat.
La traduction en sièges est sans pitié : 28 sièges au conseil municipal sur 33 pour « Tous pour Châteaubriant », contre 5 seulement pour « Châteaubriant, Parlons-en ! ». À la communauté de communes, même ratio : 10 sièges contre 2. Hunault ne gouvernera pas à la majorité, il gouvernera en quasi-monocratie.
Une victoire construite sur vingt-cinq ans
Ce score n’est pas une surprise pour qui avait suivi la campagne. Dès le départ, le rapport de forces était structurellement défavorable à Maxime Hupel. Le collaborateur de député écologiste arrivait sans implantation locale forte, sans bilan à défendre. Même si lui et les membres de sa liste sont plein de bonne volonté, la seule promesse de renouveau participatif n’a pas convaincu l’électorat castelbriantais.
En face, Alain Hunault incarnait ce que les électeurs des villes moyennes valorisent souvent : la connaissance des dossiers, la continuité, les réalisations tangibles, le Pôle de Choisel, le C’Bus, les équipements scolaires, la gestion maîtrisée de la dette. Vingt-cinq ans d’exercice du pouvoir constituent certes une usure possible, mais, à Châteaubriant, ils ont surtout constitué un formidable capital de confiance.
Maxime Hupel entre au Conseil municipal de Châteaubriant
Maxime Hupel n’est pas humilié, il est marginalisé, ce qui est peut-être pire pour un projet politique. Attaché parlementaire du député écologiste Jean-Claude Raux, sans aucun mandat électif à son actif, il intègre le conseil municipal de Châteaubriant pour la première fois avec quatre élus autour de lui.
De quoi interpeller, questionner, proposer, mais pas peser. Ses 32,45 % lui offrent une présence symbolique au conseil municipal, cinq voix pour interpeller, questionner, proposer. Mais la dynamique qu’il espérait créer, ce « souffle nouveau » évoqué pendant la campagne, ne s’est pas matérialisée dans les urnes.
L’abstention à 45 % aurait pu lui profiter si elle avait masqué une réserve de voix contestataires prête à se mobiliser. Elle ne l’a pas fait. Ou du moins, pas suffisamment.
Et maintenant ?
Avec 67,55 % des exprimés, Alain Hunault dépasse largement la barre de la majorité absolue requise pour l’emporter dès le premier tour. Il n’y aura pas de deuxième tour à Châteaubriant. Le maire sortant est réélu ce soir même pour un cinquième mandat.
À 66 ans, il continue à la tête d’une ville qui, décidément, n’a pas voulu changer de main. La question qui se posera dans les prochains mois sera peut-être celle de la succession car un cinquième mandat est, sauf exception, un mandat de transmission.
Pour Châteaubriant, le scrutin du 15 mars 2026 restera dans les annales comme l’un des plus confortables qu’Alain Hunault ait jamais remportés. Une formalité, oui mais une formalité électorale qui dit beaucoup sur l’ancrage d’un homme dans sa ville.
28 sièges pour Alain Hunault et 5 pour Maxime Hupel
Avec 67,55 % des suffrages exprimés, la liste de Hunault remporte largement les élections municipales dans cette ville de 12 000 habitants. Concrètement, cette victoire se traduit de façon encore plus nette au sein du conseil municipal. Le mode de scrutin applicable aux communes de plus de 1 000 habitants prévoit en effet une prime majoritaire automatique : la liste arrivée en tête se voit attribuer d’office la moitié des sièges, soit 17 des 33 fauteuils à pourvoir. Les 16 sièges restants sont ensuite répartis à la proportionnelle entre les deux listes, selon la méthode d’Hondt.
Alain Hunault en décroche 11 supplémentaires, son adversaire 5. Au total, la liste victorieuse siègera donc avec 28 conseillers municipaux contre 5 pour l’opposition — soit près de 85 % du conseil, pour un peu moins de 68 % des voix. Un écart qui illustre parfaitement la logique de ce mode de scrutin, conçu non pas pour refléter à l’identique le rapport de force électoral, mais pour offrir à la majorité les moyens concrets de gouverner.




