Nantes

Décès de deux nouveau-nés au CHU de Nantes : FO met en cause le manque de personnel

Le CHU de Nantes a reconnu, lundi 5 octobre 2026, deux décès de nouveau-nés liés à des épisodes infectieux en néonatologie. Force Ouvrière dénonce un sous-effectif chronique et accuse la direction de faire porter la responsabilité aux soignants.

Deux nouveau-nés sont morts au CHU de Nantes à la suite d’épisodes infectieux. L’établissement l’a confirmé dans un communiqué publié lundi 5 octobre 2026, en reconnaissant « deux décès imputables au CHU ». Les unités de réanimation néonatale et de soins intensifs de néonatologie sont touchées par ces épisodes depuis 2022, selon la direction, qui indique aussi que deux enfants ont développé une méningite.

Le syndicat Force Ouvrière du CHU dit avoir appris ces décès par voie de presse. Dans un tract diffusé ce 5 octobre, il rejette fermement la lecture de la direction, qui semble selon lui « pointer du doigt les responsabilités des personnels médicales et paramédicales ». « Tout cela est scandaleux et inadmissible », écrit FO, pour qui la situation était connue depuis juillet 2022.

Trois auxiliaires au lieu de cinq

Le syndicat conteste aussi les propos du directeur général, Philippe El Saïr, qui affirmerait que ces services respectent scrupuleusement les normes d’effectifs. FO assure le contraire. Cet été, les auxiliaires de puériculture ont souvent travaillé à trois au lieu de cinq, d’après le tract.

Elles ont en outre été détachées sur de longues périodes pour les soins, ce qui a réduit le temps consacré à la décontamination des 68 couveuses et au bionettoyage des 50 chambres des unités.

FO reproche encore à la direction de refuser, pour des raisons économiques, l’application du décret du 26 avril 2022 encadrant les effectifs en soins critiques, qui augmenterait le nombre d’auxiliaires de puériculture. Depuis plusieurs mois, l’établissement refuserait également d’envoyer des agents en formation d’infirmière puéricultrice diplômée d’État et d’auxiliaire de puériculture.

« C’est bien la Direction et ses tutelles qui sont responsables de cette situation », tranche le syndicat. Il réclame une hausse immédiate des effectifs, le remplacement de tous les arrêts, l’application du décret de 2022 et le financement de ces formations par le plan de formation du CHU.

Deux expertises externes

De son côté, l’hôpital dit avoir déployé des mesures de prévention, de surveillance et de maîtrise du risque infectieux. Son directeur général évoque une responsabilité d’agir « avec transparence ».

Une première expertise externe a été confiée au Centre d’appui pour la prévention des infections associées aux soins (CPIAS) des Pays de la Loire. Ses observations, menées en janvier 2026, ont conduit à des mesures complémentaires.

Une seconde mission doit intervenir dans les prochaines semaines pour évaluer les pratiques et analyser les facteurs susceptibles de favoriser la transmission des bactéries. Ses conclusions orienteront la suite du plan d’action.

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