Nantes

Répression des lycéens : onze organisations appellent à manifester le 6 octobre

Onze organisations syndicales, étudiantes, lycéennes et associatives, parmi lesquelles la CGT, la FCPE, la LDH, l'Unef et SOS Racisme, dénoncent dans un communiqué commun daté du 5 octobre 2026 la répression policière qui frappe les mobilisations lycéennes. Elles appellent à manifester partout en France ce mardi 6 octobre, notamment à 14 h, place de la République, à Paris.

Le ton est donné dès les premières lignes. « La répression policière qui s’abat sur les lycées a franchi un seuil critique », écrivent les signataires, qui citent deux cas précis : « un lycéen a eu la mâchoire fracturée à Saint-Ouen-l’Aumône par un tir tendu au lance grenade ; un autre a perdu un œil à Tours sous l’impact d’un tir de LBD. Leur crime ? Avoir demandé, avec leurs camarades, des conditions décentes d’éducation. »

Pour ces organisations, la situation ne peut plus attendre

« Nous ne pouvons attendre que d’autres jeunes soient mutilés pour agir », affirment-elles, avant de détailler ce qu’elles décrivent comme des « exactions brutales » : « Les témoignages se multiplient : de mineur-e-s, parfois très jeunes, matraqués et gazés. » Le communiqué s’en prend aussi aux équipements utilisés, « prétendument « sublétaux » mais qui fracassent, éborgnent et mutilent à vie », et avance un chiffre : « en moins d’une semaine, 5 000 interpellations dont 2 000 pour la seule journée de jeudi 1er octobre 2026 ».

Au cœur de la critique figure le « Guide opérationnel des violences urbaines » (Govu). En l’appliquant, estiment les signataires, « le gouvernement fait le choix grave d’assimiler les jeunes à des ennemis intérieurs à neutraliser par des armes de guerre. Et on ne peut réduire un mouvement social à ses débordements. » Loin d’apaiser, cette logique « transforme les abords des établissements scolaires en zones d’affrontement, ce qui met aussi en danger le personnel éducatif ».

Les organisations invoquent la Constitution

La Convention européenne des droits de l’Homme et la Convention internationale des droits de l’enfant. « Nous, signataires, sommes du côté de la mobilisation légitime de la jeunesse de notre pays pour son avenir, et non de celui des LBD, des grenades, des matraques et des arrestations de masse. »

Leurs exigences, adressées à l’Assemblée nationale et au gouvernement, sont nombreuses. Elles réclament « la mise en place prioritaire d’un dialogue avec les jeunes mobilisés », « le traitement systématique des enfants pour ce qu’ils sont, des personnes à protéger », « l’application d’une politique de désescalade des tensions », ainsi que l’abrogation du Govu, avec « le retrait immédiat des unités de la BAC et de toutes celles non formées à la gestion des rassemblements, des brigades équestres et des unités cynophiles ».

Elles demandent encore « l’interdiction stricte de l’usage des armes de guerre sur les manifestations, du gaz lacrymogène de façon indifférenciée, ainsi que l’arrêt des interpellations massives et de la criminalisation de la jeunesse ».

Sur le fond du mouvement, le soutien est explicite

La revendication des jeunes pour « un service public d’égale qualité pour toutes et tous est totalement légitime et nous la soutenons ». Le texte se conclut sur une formule courte : « Stoppons l’escalade. Protégeons la jeunesse. »

Les signataires annoncent qu’ils vont saisir le Défenseur des droits et les rapporteurs spéciaux de l’Onu. Ils prient également le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) de « bien vouloir contrôler les dossiers des gardes à vue et les conditions de traitement des personnes, comme ce fut le cas en 2023 lors des manifestations « retraite ».

Signataires : CGT, Fage, FCPE, LDH, Mrap, SNPES-PJJ/FSU, Union étudiante, Union syndicale lycéenne (USL), Unef, Union syndicale Solidaires, SOS Racisme.

Visuel de Une : Lycée Gust’Hau © Jules Stephant

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