
NANTES, 6 octobre 2026 (PressPepper) – Le tribunal administratif de Nantes a rejeté ce mardi 6 octobre 2026 la « protestation électorale » d’un habitant contre la victoire de la maire sortante Johanna Rolland (PS) lors des dernières élections municipales du 22 mars 2026 à Nantes (Loire-Atlantique).
Wistan Plateaux – par ailleurs avocat au barreau de Nantes – avait introduit un recours à titre personnel, comme simple « électeur » : il avait détecté plusieurs « manœuvres frauduleuses » dans la campagne de la maire socialiste de nature à avoir « altéré la sincérité du scrutin », de son point de vue.
Mais ses « allégations fumeuses » – selon Me Emmanuel Cheneval, l’avocat de Johanna Rolland – ont été rejetées une à une par les trois juges nantaises.
« Le protestataire soutient que les candidatures de Mme Naël, M. Tadellec, M. Verdier, M. Mary et Mme Coppey (…) sont irrégulières à raison de leurs fonctions au sein de l’association Royal de Luxe, du collectif « Culture Bar-Bars », de l’association « Les Ecossolies », de l’association « Les Hérons » et du Réseau des collectivités territoriales pour une économie solidaire », commencent-elles par résumer. « Toutefois (…), le protestataire n’apporte aucun élément de nature à établir la réalité (…) de la qualification d’entrepreneurs des services municipaux des intéressés. » Johanna Rolland faisait elle « valoir sans être contredite qu’aucun de ces organismes ne se trouve lié à la commune par un contrat », soulignent les trois magistrates.
Wistan Plateaux trouvait aussi que Christophe Jouin était « moralement inapte à occuper un mandat d’élu municipal » depuis qu’il avait lui-même « enfariné » la maire de Nantes. Mais « ni les dispositions (…) du code électoral, ni celles (…) de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 qu’il cite ne font obstacle à ce que M. Jouin se porte candidat à l’élection municipale », objecte le tribunal administratif de Nantes.
Le « Comportement » de Mounir Belhamiti n’était pas une « manoeuvre » illégale
La juridiction rejette aussi les accusations de « parasitisme » formées par Wistan Plateaux, selon lesquelles Johanna Rolland aurait poussé la candidature de la liste « Nantes Populaire » de Margot Medkour pour « faire échec » à la liste « Nouvelle Nantes » de William Aucant (LFI).
« Si le protestataire soutient que l’enregistrement, pour le premier tour (…), de la liste « Nantes Populaire » (…) était irrégulier, il ne fait état (…) d’aucune méconnaissance (…) du code électoral », considère la juridiction administrative. « Ni les similitudes des conditions dans lesquelles les listes (…) ont été présentées aux médias, ni la proximité idéologique alléguée de ces deux listes, ne sont susceptibles de caractériser une tentative de la liste « Nantes Populaire » de « parasiter » la liste « Nouvelle Nantes » afin de tromper les électeurs. »
Le comportement de Mounir Belhamiti n’est pas non plus « susceptible de caractériser une telle manœuvre », même si Wistan Plateaux rappelait que l’ancien député (LREM) avait signé un « accord de rassemblement » avec le vainqueur de l’élection primaire du parti Les Républicains (LR) et qu’il ne s’était finalement « présenté que pour faire perdre celui-ci » une fois que Julien Bainvel avait perdu ladite « primaire » face à Foulques Chombart de Lauwe.
« La circonstance que M. Belhamiti aurait, au moins d’août 2025, manifesté son soutien à la candidature de M. Chombart de Lauwe ne faisait pas obstacle à ce qu’il conduise sa propre liste », répond au final le tribunal administratif de Nantes.
Des subventions en hausse à cause « désengagement d’autres financeurs »
Les « articles en ligne particulièrement nombreux et laudatifs à l’endroit de la majorité sortante » et la « place importante et injustifiée » qu’il lui a été laissé dans le magazine municipal « Nantes Passion », selon le requérant, n’ont pas non plus choqué outre mesure les juges nantaises.
De la même façon, les « nombreux événements ou initiatives » de la ville de Nantes pour « favoriser » la liste de la maire sortante pendant les six mois qui ont précédé le scrutin ne sont pas de nature à justifier l’annulation des élections : Wistan Plateaux « se borne à procéder par affirmations » et « sans caractériser la dimension manœuvrière des faits évoqués ».
La « vente au rabais alléguée » d’une parcelle » aux fins de construction « de logements sociaux, l’installation du drapeau palestinien sur le fronton de l’Hôtel de ville, « la mise à jour le 16 mars 2026 sur le site internet de la commune (…), d’un article relatif à une aide à l’achat d’un vélo » ou « l’organisation (…) d’une tombola » par les commerçants à l’occasion du Voyage en Hiver 2025 ne sont pas assez « étayés » par des éléments probants, jugent les trois magistrates.
« Si le protestataire évoque (…) l’attribution au secteur associatif de subventions, (…) l’attribution de ces subventions (…) ne présente pas de caractère clientéliste », considère le tribunal administratif de Nantes. « Si certaines de ces subventions ont vu leur montant pour l’année 2026 augmenter (…), cette hausse se fonde soit sur le désengagement d’autres financeurs, soit sur le besoin de financement de projets particuliers. »
Rien à redire sur de « Don » de goûter a des enfants
Même chose pour « l’aide financière à la primo-acquisition » d’un logement social dans le quartier Bellevue « par Nantes Métropole » : son « principe » avait été « voté avant le début de la campagne municipale » et la mesure a été « relancée » en raison de sa « faible attractivité ». Cette « relance » n’a au demeurant pas fait l’objet d’une « publicité particulière« , notent les juges nantaises, « à l’exception d’un article dans un quotidien de la presse quotidienne régionale ».
« En outre, le protestataire ne peut utilement se prévaloir du « don » de goûters à des enfants dont les parents assistaient à un moment d’échange à l’attention des parents solos organisée par Mme Rolland », évacue le tribunal administratif de Nantes.
Il a aussi rapidement évacué « l’allégation » de Wistan Plateaux – « sans produire aucun élément » de preuve – sur l’inscription de « 1500 » Roms sur les listes électorales : il « ne démontre aucunement » que ces électeurs ne seraient « pas ressortissants de l’Union européenne ». Leur « domiciliation » administrative au Centre communal d’action sociale (CCAS) de la ville de Nantes ne faisait au demeurant « pas obstacle » à leur inscription.
« Le grief tiré de ce que les agents (…) de la commune (…) auraient bénéficié d’une prime pour établir des procurations auprès de personnes résidant en EHPAD n’est pas assorti des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé », concluent enfin les juges nantaises.
La requête a donc été rejetée « en l’absence manœuvres frauduleuses » de la part de Johanna Rolland, et l’avocat-électeur a été condamné à verser 1500 € à la candidate socialiste pour ses frais de justice./GF (PressPepper)




