
C’est sur la Scène Estuaire que Georgio avait donné rendez-vous avec le public des Escales.
Le rappeur parisien, originaire du quartier Marx Dormoy dans le 18e arrondissement de Paris, s’est produit brillant, plein d’énergie, devant une foule venue retrouver un artiste dont le parcours dépasse largement les codes habituels du rap.
Georgio a construit sa discographie album après album, de Bleu Noir, sorti en 2015 et marqué par une traversée dépressive, jusqu’à Héra l’année suivante, plus lumineux, certifié disque de platine. Sont venus ensuite XX5, Sacré, puis Années Sauvages, cinq disques qui dessinent la trajectoire d’un artiste en perpétuelle recomposition de lui-même.
Georgio, la plume affûtée
Du Bleu Noir vers la clarté
Héra veille sur ses tremplins
XX5 ouvre le chemin
De Marx Dormoy jusqu’à Angers
Le roi René l’a hébergé
Sanka en backeur, fidèle allié
Deux gamins que le rap a lié
Sacré, le nom de son quatrième art
Années Sauvages, un vent qui repart
Desnos et Tesson dans ses carnets
Le rappeur lit ce qu’il aime écouter
Georgio ne veut pas déranger
et loin d’une vie bien rangée
Il s’envoie des rhums arrangés
A Angers, le roi René, le roi renait.
Sanka, Ami d’enfance
Sur scène, cette fidélité à ses racines se retrouve dans sa présence : Sanka, son ami d’enfance rencontré en classe de sixième, l’accompagne toujours en tant que backeur, une complicité qui trahit une histoire commune plus vieille que la musique elle-même.
De son vrai nom Georges Édouard Nicolo, Georgio a aujourd’hui 33 ans et cumule déjà vingt années d’écriture et de chant. C’est son père qui lui a fait découvrir le rap durant l’enfance, dans un foyer où la musique occupait une grande place. Le sport études basket qu’il a suivi ensuite l’a rapproché un peu plus de cette culture, tant l’univers du ballon orange se mêle à celui du hip hop. La vocation d’écrire s’est imposée à lui vers 14 ou 15 ans.

Sur scène, l’artiste cultive un registre qu’il revendique lui même comme « vénère mais pas vulgaire », entre ambiance donnée à la foule et sagesse transmise, celle d’un enfant des quartiers populaires attaché au respect et à l’entraide. Pour lui, l’art porte une dimension politique sans s’y réduire, il reste aussi un espace de plaisir et de légèreté, à condition de garder du fond.
Cette conscience se prolonge dans les discussions qu’il partage avec son crew entre deux concerts, notamment sur la question de l’égalité des chances. Georgio y voit une notion largement façonnée par l’histoire de chacun, par la place occupée dans la société et par ce que l’on y a vécu, plus que par un mérite qui s’exercerait à armes égales.
Derrière la pudeur qui semble constituer une part de sa personnalité, Georgio revendique aussi une générosité assumée, qu’il présente comme le socle de sa démarche artistique : donner sans compter, par amour, sans rien attendre en retour.
Visuels : © Alain Moreau.




