Saint-Nazaire

Saint-Nazaire : j’ai fait une escale aux Escales

Emma vient de terminer ses études de journalisme, et son week-end s'annonçait chargé par ailleurs. Seul le vendredi restait libre pour elle, direction les Escales de Saint-Nazaire. Accréditée pour l'occasion, elle a suivi la soirée d'ouverture au plus près de la scène et livre ses impressions à chaud sur cette entrée en matière du festival.

Pour sa 34e édition, le festival Les Escales n’a pas déçu son public. Programmation multiculturelle, décors spectaculaires, ambiance électrique.

Les Escales ont soufflé un vent de bonne humeur sur le port de Saint-Nazaire. la météo n’était pas écrasante. Les festivaliers, parfois venus de loin, avaient déjà envahi les rues de la cité portuaire. On ne s’y trompe pas, Saint-Nazaire est un port aux abords du festival, le vent porte à mes narines, les effluves de la fête, du poulet tandoori, du kebab, odeurs mêlées à l’air salin de ce soir d’été. Ici, le public est bon enfant, familial et le tutoiement est facile.

Paillettes et sacs à dos, la même énergie

Dix-sept artistes, quatre scènes, une soirée qui n’a laissé personne sur le carreau : des enfants casque vissé sur les oreilles aux festivaliers plus âgés, tout le monde a trouvé son bonheur.

Festival Les Escales à Saint-Nazaire

Certains brillaient de mille feux, paillettes, LED, fluo, quand d’autres misaient sur le confort, chaussures de rando et sac à dos au dos.

Vue des coulisses : l’autre visage du festival

C’est ma première édition des Escales en tant que média. Habituée du festival côté public, je découvre l’envers du décor. Entre les barrières et la scène, ce qui s’appelle le Crash, la perspective change du tout au tout : on entend l’impatience des spectateurs avant le passage de leur artiste préféré, puis l’explosion de cris aux premières notes.

D’ici, je découvre mieux le travail des agents de sécurité, qui veillent au bon déroulement d’un set. Ils ont l’œil sur tout, sont bienveillants et évitent les débordements. « Ici aux Escales, cela fait cinq ans que j’assure devant la scène du port » explique Frédéric, des années de service chez Budo, une boîte de sécurité de Machecoul qui se partage avec d’autres la bonne tenue du festival « Aux Escales, cela se passe toujours bien. Les spectateurs sont en général respectueux. » À leurs côtés, les hommes et femmes de secours sont prêts à intervenir en cas de malaise d’un spectateur.

Josman a su « Allumer le feu »

Devant la scène, je suis aux premières loges, j’aperçois les danseurs dans la coulisse, prêts à entrer sur scène, aussi déchaînés que le public.

Josman aux Escales Saint-Nazaire

Et les décors dévoilent leurs détails, à couper le souffle chez Josman, une scénographie immersive impressionnante, avec un volcan géant crachant des flammes calées sur chaque drop. Josman, celui qui fut meilleur espoir du rap français, ne néglige aucun détail. Et les fans massés devant les barrières de sécurité ne s’y trompent pas. Pour la petite histoire, les techniciens ont dû redoubler d’imagination, la scène étant raccourcie en largeur, il a fallu ruser pour caser le décor.

Quatre scènes, quatre ambiances

Vendredi, sur la Scène du Port, Gaël Faye a ouvert le bal en beauté. Le public scandait déjà son nom aux premières notes. Le rappeur et écrivain franco-rwandais a livré un show haut en couleur, porté par des rythmes dansants et des musiciens survoltés, mais aussi par une élégance de faiseur de mots, entre légèreté et gravité.

Un peu plus tard, sur la scène Estuaire, Georgio a joué la carte du soleil couchant pour envoûter la foule. Complicité totale avec ses musiciens, public qui reprenait chaque parole en chœur.

Josman, lui, a débarqué en trombe sur la scène du Port

Révélé par la mixtape Matrix, installé depuis avec des albums comme J.O.$, Split et M.A.N (Black Roses & Lost Feelings), le rappeur indépendant s’est bâti un public large et générationnel, entre amateurs de rap pointu et fans venus par ses singles grand public, une fanbase fidèle malgré une communication discrète. Sur scène, ce public plus jeune que les deux précédents s’est laissé emporter par un rap à la fois énergique et mélancolique.

Du côté du Club 360, La Louve a embarqué la foule vers des sonorités orientales, entre transe et envie irrésistible de danser.

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