Pays de la Loire

Insee : l’économie des Pays de la Loire à l’arrêt, le chômage au plus haut depuis 2021

Au deuxième trimestre 2026, l'économie des Pays de la Loire fait du surplace. L'Insee relève une activité stable, un emploi salarié qui s'effrite et un taux de chômage en hausse pour le sixième trimestre d'affilée, à 6,8 %.

Dans sa note de conjoncture n° 60, l’Insee Pays de la Loire décrit une économie régionale atone, calée sur la tendance nationale mais plus exposée au recul de l’agriculture, qui pèse davantage ici qu’ailleurs.

Une croissance française en panne

Alors que les grandes économies de la zone euro progressent de 0,3 %, la France stagne au deuxième trimestre (+0,0 %), après un recul de 0,2 % au premier. L’Insee avance plusieurs explications : une demande intérieure molle, un investissement public en baisse, notamment dans les travaux publics, en lien avec les élections municipales du printemps, et une activité agricole en chute de 3,1 % sous l’effet des vagues de chaleur.

Pour la fin d’année, l’institut table sur une croissance timide (+0,1 % au troisième trimestre, +0,2 % au quatrième), soit +0,4 % sur 2026, contre +0,9 % en 2025. Tirée par les prix de l’énergie, l’inflation a atteint 2,4 % en France en août.

Une activité régionale stable

À l’échelle ligérienne, la valeur ajoutée serait stable au deuxième trimestre. Ce chiffre repose sur une hypothèse de l’Insee : l’évolution nationale se déclinerait de façon uniforme, secteur par secteur, sur le territoire. Les services non marchands soutiendraient l’activité, tandis que l’agriculture la tirerait vers le bas.

Sur un an, le volume d’heures rémunérées recule de 0,5 %, un peu moins qu’au niveau national (-0,7 %). Le tertiaire marchand (-0,6 %) concentre l’essentiel de la baisse, surtout dans le commerce, la finance et l’assurance.

La construction perd 1,6 % et l’industrie 0,2 %, avec des reculs dans le textile, l’habillement, le caoutchouc, le plastique, les produits métalliques et le meuble. À contre-courant, les matériels de transport (+2,9 %) et l’agroalimentaire (+1,1 %) progressent. Pour le second semestre, l’Insee prévoit une activité quasi stable au troisième trimestre, puis une légère hausse au quatrième.

L’emploi salarié recule

Entre avril et juin, la région perd 2 050 emplois salariés (-0,1 %). Sur un an, la baisse atteint 0,3 %, soit 5 080 postes de moins. Le privé recule (-0,2 % sur le trimestre, -0,4 % sur un an), le public tient (stable sur le trimestre, +0,1 % sur un an).

Souvent vu comme un signal avancé, l’intérim décroche : -0,9 %, soit 550 emplois, après -0,2 % au trimestre précédent. L’agriculture est la plus touchée, avec 1 150 emplois perdus (-4,0 %), bien au-delà de la moyenne nationale (-2,6 %). Maraîchage, vigne et fourrage ont souffert d’un climat défavorable. La construction perd 530 emplois sur le trimestre et 1 100 sur un an (-1,1 %).

Maraîchage, vigne et fourrage ont souffert d’un climat défavorable. © Lumin Osity

Dans l’industrie, l’emploi est stable : les gains de l’agroalimentaire (+320) et des matériels de transport (+160) compensent les pertes de la fabrication d’autres produits industriels (-480), en baisse continue depuis huit trimestres. Le tertiaire marchand hors intérim recule malgré tout : l’hébergement-restauration (+220) ne compense qu’en partie les reculs des services aux ménages (-340) et de l’immobilier (-260)

Un chômage au plus haut depuis 2021

Le taux de chômage régional gagne 0,2 point et s’établit à 6,8 % de la population active, 0,7 point de plus qu’il y a un an. C’est son plus haut niveau depuis début 2021.

Emploi à Châteaubriant : le chômage progresse de 6,3 %

Les Pays de la Loire restent toutefois, avec la Bretagne, les deux régions où le chômage est le plus faible, loin des 8,3 % nationaux, taux que l’Insee voit monter à 8,6 % en fin d’année.

Logement neuf : la reprise tient malgré un trou d’air

Sur le trimestre, les chiffres de la construction reculent. Les autorisations de logements neufs chutent de 21,1 % après un bond de 35,2 %, surtout dans le collectif (-35,3 %). Les mises en chantier baissent de 3,0 %, le collectif reculant (-13,0 %) quand l’individuel progresse (+7,9 %).

Sur douze mois, de juillet 2025 à juin 2026, la tendance reste pourtant nettement positive : +23,5 % d’autorisations et +16,2 % de mises en chantier. Ces dernières demeurent cependant près de 12 % sous leur moyenne décennale

Les créations d’entreprises dans le bâtiment progressent de 10,8 % sur un an, mais uniquement grâce aux micro-entrepreneurs (+22,0 %) : hors de ce régime, elles reculent de 3,4 %. Les défaillances baissent par ailleurs de 3,0 % sur douze mois, après plus de quatre années de hausse.

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