
Lisa Dupe, Coraly Sicard, Adeline Jupin sont infirmières. Amies, aussi. Ensemble, elles ont formé une équipe, les IDEAL’s, pour prendre le départ du Raid des Alizés 2027 en Martinique, sous les couleurs d’EndoFrance, l’association française de lutte contre l’endométriose.
Tout part d’une amie. Elle fait partie de leur groupe depuis l’école d’infirmières et vit avec l’endométriose, une maladie qui pèse lourdement sur sa qualité de vie. C’est d’abord pour elle que les trois jeunes femmes se lancent. Le reste a suivi : leur métier les confronte chaque jour à la douleur des patients, à sa prise en charge, si différente d’une personne à l’autre. Et comme femmes, elles connaissent depuis l’adolescence les contraintes liées au cycle menstruel et aux variations hormonales. Coraly travaille au CHU de Nantes en MIR Médecine Intensive Réanimation, Adeline est une ancienne du CHU également, partie aujourd’hui en région rennaise et Lisa exerce en hématologie en secteur protégé.
Une maladie qui touche une femme sur dix
L’endométriose est une maladie inflammatoire et systémique, souvent chronique. Elle concerne une femme, ou une personne menstruée, sur dix. En France, plusieurs millions de personnes en seraient atteintes. Entre 30 et 40 % d’entre elles connaîtront des problèmes de fertilité.
Longtemps, il a fallu sept ans en moyenne pour obtenir un diagnostic. Sept années pendant lesquelles la maladie progresse, pendant que la vie quotidienne se dégrade. Dans ses formes les plus sévères, l’endométriose provoque des douleurs importantes, tous les jours, et des troubles associés. La plupart des personnes gravement touchées passeront plusieurs fois par le bloc opératoire au cours de leur vie.
Les choses bougent depuis la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, annoncée en 2022. La maladie est devenue un enjeu de santé publique et des filières de soins se mettent en place dans les régions pour réduire l’errance médicale.
EndoFrance, vingt-cinq ans de combat
Créée en 2001, EndoFrance est la première association française consacrée à cette maladie. Reconnue d’intérêt général, elle est agréée par le ministère de la Santé depuis 2018 et par celui de l’Éducation nationale depuis 2024. Fin 2024, elle comptait près de 3 000 adhérents et plus de 100 bénévoles actifs. Aucun salarié. Cette année-là, ils ont organisé plusieurs centaines d’événements et répondu à près de 25 000 demandes d’information par courriel.
L’association a rédigé, dans les recommandations de pratique clinique de la HAS et du CNGOF, le chapitre consacré à l’information des patientes. Elle a co-construit en 2016 le premier programme d’éducation thérapeutique dédié à l’endométriose et a contribué en 2021 à l’élaboration de la stratégie nationale. Depuis 2016, grâce aux dons, elle a financé plus de 440 000 euros de recherche clinique et fondamentale. Ses deux priorités aujourd’hui : sensibiliser dans les collèges et les lycées, et dans les entreprises, où la maladie reste largement taboue. L’actrice Laëtitia Milot en est la marraine, le rugbyman international Thomas Ramos le parrain.
Six jours d’épreuves en Martinique
Le Raid des Alizés est un raid multisport réservé aux femmes, par équipes de deux ou trois. Trail, VTT, kayak, orientation. Six jours d’épreuves. Le parcours, lui, reste secret jusqu’au départ. Chaque équipe y défend une association, pour laquelle elle collecte des fonds et sensibilise le public.
Les trois infirmières ont découvert l’épreuve par des collègues. En 2021, l’équipe MIR’aid, composée d’infirmières, y avait participé et en était revenue avec des souvenirs plein la tête. Leur enthousiasme a fait le reste.
Une sergente, une caporale, une première classe
L’équipe se présente avec des grades militaires, clin d’œil au parcours d’Adeline, l’aînée, passée par l’armée. Elle sera celle qui tient le groupe dans les moments difficiles. Coraly est infirmière en réanimation, habituée à l’adrénaline, voyageuse à ses heures. Petite par la taille, elle a la réputation de ne jamais lâcher. Lisa, la cadette, pratique l’haltérophilie et y puise une rigueur qu’elle retrouve dans son métier. Toutes trois courent déjà pour des causes féminines, notamment lors des courses Odysséa.
Le nom de l’équipe tient en deux morceaux. IDE pour infirmier diplômé d’État. AL’s pour Alizés.
Entre 9 000 et 10 000 euros à réunir
Pour partir, les IDEAL’s doivent rassembler entre 9 000 et 10 000 euros. La somme couvre les frais d’inscription, l’organisation des épreuves sur les six jours, les billets d’avion et l’équipement des trois participantes. Tout ce qui sera collecté au-delà ira à EndoFrance.
Particuliers comme entreprises peuvent les soutenir par un don financier, ou par un don ou un prêt de matériel. Les partenaires seront visibles sur les tee-shirts que l’équipe portera tout au long du raid : à partir de 500 euros, le nom figure automatiquement sur le tee-shirt ; au-delà de 800 euros, le donateur choisit son emplacement.
L’équipe raconte sa préparation sur Instagram (les_ideals44), TikTok (les.ideals) et Strava (Les IDEALS). Contact : lesideals44@gmail.com.
Visuel de Une : Lisa Dupe, Coraly Sicard, Adeline Jupin © Raid pour les Alizés




