Pays de la Loire

Les Pays de la Loire, région la moins pauvre de France

Avec 11,5 % d’habitants sous le seuil de pauvreté en 2023, les Pays de la Loire sont la région la moins touchée de France métropolitaine, selon l’Insee. À Châteaubriant, dans le nord de la Loire-Atlantique, les chiffres sont têtus : le taux reste à 19 %.

C’est le taux le plus bas de France métropolitaine, où la moyenne s’établit à 15,9 %. La Bretagne suit à 11,6 %. L’Insee, qui publie ce jeudi son étude régionale tirée du dispositif Filosofi, explique ce rang par un chômage plus faible, une meilleure insertion des jeunes sur le marché du travail et des femmes plus souvent en emploi.

Les Pays de la Loire comptent 11,5 % de pauvres en 2023

La pauvreté concerne tout de même 450 000 Ligériens. Le seuil est fixé à 1 296 euros par mois pour une personne seule, à 2 722 euros pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans. À l’échelle nationale, la pauvreté augmente depuis 2020 et atteint en 2023 et 2024 son plus haut niveau depuis 1996.

La Loire-Atlantique, la plus riche et la plus inégale

Avec 11,5 %, la Loire-Atlantique figure parmi les dix départements métropolitains les moins touchés. La Vendée fait mieux, 9,2 %, le taux le plus faible de France. La Sarthe ferme la marche régionale à 14,1 %.

Le département affiche le niveau de vie médian le plus élevé de la région, 27 150 euros par an. Les écarts y sont aussi plus marqués. Les 10 % de Ligériens de Loire-Atlantique les plus aisés ont un niveau de vie médian trois fois supérieur à celui des 10 % les plus modestes, contre 2,8 pour la région et 2,5 en Vendée. L’Insee l’attribue au niveau de vie des plus riches.

En Loire-Atlantique, 15,4 % des moins de 18 ans vivent sous le seuil, 15,3 % des 18 à 29 ans. Le taux tombe à 6,9 % après 75 ans. Chez les adultes, 10,9 % des femmes sont pauvres, contre 9,8 % des hommes. Le logement creuse l’écart le plus net : 26,7 % des locataires vivent sous le seuil, 4,3 % des propriétaires.

Châteaubriant au niveau des villes denses

Dans la région, la pauvreté se concentre dans les communes urbaines denses, où elle touche 18,9 % des habitants. Le Mans Métropole est à 19,7 %, Angers Loire Métropole à 15,0 %, Nantes Métropole à 14,4 %. Ces trois agglomérations regroupent 42 % des personnes pauvres de la région. Les intercommunalités périurbaines autour de Nantes sont les moins exposées : Grand Lieu Communauté à 5,7 %, Erdre et Gesvres à 5,9 %.

Châteaubriant n’apparaît pas dans l’étude régionale. Les données communales de l’Insee, publiées en mai, l’avaient déjà placée en bas du classement départemental. Elles donnent 19,0 % de pauvres et un niveau de vie médian de 23 000 euros, plus de 4 000 euros sous la moyenne de la Loire-Atlantique. Une sous-préfecture de 12 260 habitants affiche ainsi le taux des grandes villes de la région. La communauté de communes Châteaubriant-Derval est à 14,0 %, avec 23 830 euros de niveau de vie médian, au niveau de Nantes Métropole et de la Sarthe.

D’autres chiffres de l’Insee éclairent la situation castelbriantaise. Le chômage au sens du recensement y atteint 13,4 % en 2023, 21,5 % chez les 15 à 24 ans. 41,4 % des ménages sont locataires, 12,8 % en HLM. Et 28,1 % des habitants de 15 ans ou plus sortis du système scolaire n’ont aucun diplôme ou seulement le certificat d’études.

Une série qui repart de zéro

Ces chiffres sont issus de Filosofi 2, refondu après la suppression de la taxe d’habitation. Les habitants sont désormais rattachés à leur lieu de vie, les étudiants à leur logement et non plus au foyer fiscal de leurs parents. L’Insee prévient que ces données ne sont pas comparables avec les millésimes précédents. Impossible, donc, de dire si la pauvreté a progressé ou reculé à Châteaubriant depuis 2021.

Source : Filosofi 2 Insee

Visuel de Une : © AlainMoreau

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