
Le programme a coûté 17 millions d’euros au total, sur un terrain de 9045 m². Les nouveaux locaux de gendarmerie et de services couvrent 1200 m² de bureaux, dont 40 m² et dix places de stationnement dédiés à l’accueil du public.
Autour de la caserne, une résidence de trente-six logements neufs a été construite, pour 2965 m² de surface habitable et 483 m² de surface utile (caves, circulations, locaux communs).
Elle se compose de quatre T2 de 52 m², douze T3 de 70 m², quatorze T4 réversibles de 85 m², deux T5 de 116 m² et quatre T6 de 116 m². Dix sept logements existants ont par ailleurs été réhabilités et affectés à la gendarmerie, huit T5 de 85 m² et neuf T6 de 105 m², soit 1614 m² habitables et 376 m² de surface utile.

Le projet comprend également un volet logement social hors gendarmerie : trente trois logements neufs (dix huit T2 de 50 m², onze T3 de 69 m², quatre T4 de 83 m²) et vingt quatre logements réhabilités au sein de la résidence La Batellerie, entre T3 de 57 m² et T4 de 67 m².
Vingt ans de discussions avant le premier coup de pelle
L’ancienne gendarmerie de la rue Urien, mise en service en 1971 pour dix sept gendarmes, montre dès 2006 ses limites face à la croissance des effectifs. La mairie et la gendarmerie nationale envisagent alors un agrandissement, d’abord sur le site de la Chauvinière, puis rue Urien, à l’emplacement de l’ancienne caserne des pompiers.
Le projet est validé, interrompu faute de budget, puis relancé en 2016 avec l’aval du ministère de l’Intérieur, année où les pompiers rejoignent leur nouveau site de la Chauvinière.
L’ancienne caserne des pompiers est démolie en 2017 et son terrain cédé à l’euro symbolique à LogiOuest, qui rachète en parallèle les bâtiments existants pour 189 000 euros. Le permis de construire est déposé en 2021, mais un premier appel d’offres échoue face à la flambée des coûts de construction liée notamment à la guerre en Ukraine, obligeant à revoir le montage financier.
Et la Battellerie
La réhabilitation de La Batellerie démarre en 2024 et s’achève en 2025, tandis que la première pierre de la nouvelle caserne est posée le 27 novembre 2024, en présence du sous préfet, du général Laurent Le Gentil, du maire Rémy Orhon et de représentants de LogiOuest. Les gendarmes emménagent dans leurs nouveaux locaux et logements dès juillet 2026.

Guillaume Corfdir, directeur général de LogiOuest, résume ainsi ce parcours : le résultat obtenu tient selon lui à la coordination entre la gendarmerie, la ville d’Ancenis-Saint-Géréon et son organisme, sur un dossier qu’il juge techniquement et financièrement complexe.
Une leçon d’histoire
Lors du moment convivial, salle du Gotha, le général Bruno Makary, nouveau commandant de la région de gendarmerie Pays de la Loire a appris au public présent les origines de la Gendarmerie nationale.
De façon pédagogique, le général de Gendarmerie a parcouru l’édit de 1536 où le roi donne le pouvoir à la maréchaussée d’intervenir aussi auprès de la population civile en passant par le 16 février 1791, date clé où l’Assemblée nationale supprime la maréchaussée et crée officiellement la gendarmerie nationale, et les différentes étapes dont le rattachement au ministère de l’intérieur qui date de 2009.
Un bâtiment conçu pour s’insérer dans le quartier
La caserne constitue la dernière tranche de la ZAC Urien Grands Champs, lancée en 2008. Les architectes ont cherché un compromis entre les contraintes fonctionnelles imposées par la gendarmerie nationale et l’harmonie du quartier : les hauteurs montent par paliers, des maisons individuelles de la rue Urien jusqu’au collectif de La Batellerie, en passant par un rez-de-chaussée plus un étage pour la caserne elle-même, puis trois étages pour les logements.
Les balcons des immeubles de logements s’ouvrent côté est et côté ouest, tournés vers le cœur d’îlot plutôt que vers la rue. Pour les gendarmes eux-mêmes, la priorité a été donnée à des logements compacts et fonctionnels, une demande explicite de l’institution.
Cinq unités, cent soixante-quatorze militaires
La garnison d’Ancenis rassemble plusieurs unités. La Compagnie de Gendarmerie Départementale, avec cinq militaires dont deux officiers, en assure le commandement et gère l’ensemble des cent sept militaires qui la composent. La Brigade de Recherche, sept enquêteurs, intervient en appui judiciaire sur les affaires criminelles complexes.
Le Peloton de Surveillance et d’Intervention, quatorze militaires, constitue la force d’intervention rapide de la compagnie, mobilisable aussi bien pour de la prévention que pour des interpellations ou la gestion de forcenés.
La Communauté de Brigades regroupe trente-deux militaires dont un officier, seize d’entre eux affectés à la seule Brigade de Proximité d’Ancenis, les autres répartis entre Oudon et Loireauxence ; elle couvre l’essentiel du sud de la COMPA.
Le Peloton Motorisé, enfin, dix-huit militaires rattachés à l’escadron départemental de contrôle des flux de Saint-Herblain, surveille les axes routiers mais aussi le tram-train, la SNCF et le trafic fluvial sur la Loire.
À l’échelle de la commune, un Observatoire de la tranquillité publique réunit depuis trois ans la police municipale et la gendarmerie pour croiser leurs dossiers, la ville mettant à disposition des enquêteurs les images de son réseau de vidéoprotection.
Une étape dans la tournée sécurité du nouveau préfet
Cette inauguration s’inscrit dans un agenda sécuritaire chargé pour Laurent Hottiaux depuis sa prise de fonction, entre déplacements sur le narcotrafic à Saint-Nazaire et à la Bottière nantaise et rencontres avec les forces de sécurité à La Baule.
Nantes : opération de sécurisation dans le quartier de la Bottière
Le Pays d’Ancenis, jusqu’ici moins présent dans l’actualité sécuritaire du département que l’agglomération nantaise ou la presqu’île, obtient ainsi une visite préfectorale de premier plan, signe que ce territoire pèse davantage dans les priorités régionales. C’était la première inauguration officielle pour le préfet Hottiaux, comme il l’a rappelé, depuis sa prise de fonctions, le 20 juillet dernier.
Visuels : © Alain Moreau et Entreprise Angevin pour la vue aérienne.




