Le 3 décembre 2026, Eyrolles publie la douzième édition de « Réussir son référencement web ». Depuis 2008, l’ouvrage portait la signature d’Olivier Andrieu, fondateur d’Abondance et pionnier du SEO en France. Cette fois, c’est Daniel Roch, fondateur de l’agence nantaise SeoMix et animateur des meetups SEO et WordPress de Nantes, qui tient la plume.
Une transmission de gré à gré
Olivier Andrieu a quitté le référencement il y a deux ou trois ans. Ses activités ont été reprises par KHOSI, une agence nantaise : le site Abondance, la plateforme de formation FormaSEO et toute la partie conseil et audit. Le rachat comprenait une option sur les livres. KHOSI l’a déclinée, l’édition n’étant pas son métier.
Olivier Andrieu s’est alors tourné vers Daniel Roch. Les deux hommes travaillaient ensemble depuis des années, Daniel Roch rédigeant des articles pour Réacteur, le média professionnel d’Abondance.
« C’est lui, d’ailleurs, qui m’a mis en contact avec Eyrolles pour éditer mes premiers livres en mon nom », rappelle-t-il. À la proposition, il a répondu sans hésiter : « Allons-y. »
Sur les trois livres d’Olivier Andrieu, celui destiné aux débutants ne devrait plus être réédité. Daniel Roch a déjà signé la deuxième édition du « SEO en 500 questions ». Restait le gros morceau, celui que la profession surnomme la Bible.
Lorsqu’il a quitté le SEO pour la bande dessinée, Olivier Andrieu, l’initiateur de l’ouvrage, s’est posé la question de la transmission. Il fallait trouver quelqu’un pour s’occuper de ses « bébés », le site Abondance et les livres chez Eyrolles. Lors d’un échange avec Actu44, il s’en félicite : « Je dois dire que je suis parfaitement bien tombé sur des gens compétents en plus d’être sympas : Khosi pour Abondance et Daniel Roch pour les livres. Ce dernier fait un travail remarquable de mise à jour des infos, à une époque où le SEO est en profonde mutation. Je suis parfaitement serein quant à la qualité de son travail sur les ouvrages que j’ai initiés. »
De 704 à 770 pages
L’édition précédente comptait un peu plus de 700 pages. La nouvelle approchera les 770. Un pavé de papier en 2026 ? « Il y a une vraie demande, le livre est très connu, et il y avait vraiment beaucoup de choses à dire », explique l’auteur. Le prix, fixé par l’éditeur, devrait se situer autour de 45 à 50 €.
La réécriture a pourtant taillé dans le vif. Des passages ont été supprimés ou raccourcis, parce que certains sujets ne sont plus d’actualité. Mais les ajouts l’ont emporté sur les coupes. Au moment de l’entretien, le livre partait à l’impression.
Le SEO, pour qui ?
Search Engine Optimization : l’optimisation pour les moteurs de recherche. Autrement dit, rendre une page visible dans Google, Bing, Yandex, Baidu et les autres. Pas seulement son propre site, d’ailleurs : une fiche dans les Pages jaunes ou une fiche Google My Business se référencent aussi.

Qui est concerné ? « Toutes les entreprises, répond Daniel Roch. La façon dont les gens cherchent de l’information, des produits ou des services passe, tôt ou tard, par un moteur de recherche. »
Le livre traite le sujet de A à Z. Certains chapitres s’adressent clairement aux développeurs, comme celui sur le rendu côté serveur (server-side rendering) des sites au code complexe. D’autres expliquent l’histoire des moteurs, leur fonctionnement, leurs évolutions récentes avec l’intelligence artificielle. Viennent ensuite des chapitres thématiques : rédiger un bon contenu, travailler la popularité de son site, utiliser l’IA pour son propre référencement, gérer un site multilingue ou un site e-commerce. Chacun pioche selon ses besoins.
Car même celui qui délègue doit comprendre. « Si on confie son référencement à une agence, à un freelance ou à un collègue, il faut être capable de faire un cahier des charges, de le lire, de parler le même langage. »
Avec l’AI Overview, tout le monde perd
Depuis que Google affiche des réponses générées par IA en tête de ses résultats, la question brûle toutes les lèvres : qui gagne, qui perd ? « Tout le monde perd pour l’instant. Même Google », tranche Daniel Roch.
Les premiers touchés sont les sites informationnels, ceux qui publient ce que les référenceurs appellent du contenu froid, c’est-à-dire hors actualité. Comment tondre sa pelouse, comment remplir sa déclaration de revenus : l’IA a déjà absorbé ces contenus et génère sa propre réponse. Impossible, en outre, de bloquer uniquement l’AI Overview. Bloquer Google, c’est disparaître aussi des résultats classiques.
Les sites e-commerce s’en sortent mieux. Même informé ailleurs, l’internaute doit bien finir par acheter sur un vrai site. L’actualité très récente résiste aussi, tant que le sujet date de quelques heures. Passé quelques jours, le trafic s’effrite.
Pour bâtir ses réponses, l’IA pratique le « query fan-out » : elle décompose la question de l’internaute en plusieurs recherches simultanées, puis fusionne et trie les résultats. « Quelle est la meilleure agence immobilière à Nantes » devient ainsi une série de requêtes distinctes. Pour figurer dans la réponse, il faut être présent sur plusieurs d’entre elles.
Google, enfin, y laisse des plumes. Les internautes cliquent moins sur les liens sponsorisés, et l’AI Overview ne contient pas encore de publicité. Daniel Roch cite les résultats d’Alphabet publiés fin octobre, inférieurs aux attentes des actionnaires, et la chute du cours qui a suivi. Côté usager, aucune case à décocher : dans le moteur classique, l’AI Overview s’impose.
Les entités nommées, clé de la confiance
Le livre aborde aussi les données structurées, ce balisage schema.org sur lequel les moteurs se sont accordés il y a une dizaine d’années. Invisible pour l’internaute, il aide les robots à comprendre une page. Google en change régulièrement l’usage : il a par exemple cessé de prendre en compte le balisage foire aux questions.
Derrière, un concept central : l’entité nommée. Un lieu, une marque, une personne, une date. Tapez 1789, le moteur relie aussitôt l’année à la Révolution française. Selon Daniel Roch, Google a reconnu lors de son procès de 2023 que son moteur ne comprend pas réellement le contenu du web. D’où le besoin de confiance : « Il faut que notre site, notre société ou notre personne soit une entité nommée reconnue comme telle. » Les données structurées aident à le dire au moteur : ceci est une vraie marque, un vrai auteur.
SeoMix, petite agence par choix
Le domaine seomix.fr existe depuis 2010. Il servait alors de site de tests. La société, elle, est née en 2013. Daniel Roch a travaillé seul jusqu’à un premier recrutement en 2015, puis l’agence a gentiment grossi, jusqu’à compter sept ou huit salariés. Ils sont trois aujourd’hui. « On est un métier très technique. Si on veut que les gens soient bons, il faut prendre le temps de les former », justifie-t-il. Installée à Rezé, l’agence a déménagé en juin 2026 sur l’île de Nantes, à quelques encablures du nouveau CHU.

L’agence revendique une double spécialité : le référencement, quel que soit l’outil du site, et WordPress, sur lequel elle pousse plus loin l’analyse, les préconisations et la formation. Sa méthode tient en une question : qu’est-ce que les prospects du client taperaient dans un moteur de recherche ? « Si je parle à un autre référenceur, j’utilise les termes techniques. Mais certains clients ne les maîtrisent pas et vont l’exprimer autrement. » L’un tapera « agence SEO », l’autre « comment apparaître dans Google ».
Un site, facile à faire, difficile à réussir
Faire un site internet, est-ce compliqué ? « Ça l’est sans l’être. » Avec WordPress, Shopify, Wix ou PrestaShop, n’importe qui peut en créer un en quelques clics. Mais un site performant exige des compétences multiples : accessibilité, performance, sécurité, expérience utilisateur, marketing, maintenance, référencement. « Créer un site web, c’est à la portée de tout le monde. Créer un vrai site web, ça nécessite du temps et des compétences. »
La sécurité n’apporte aucun bonus de référencement. En revanche, un site piraté peut disparaître du jour au lendemain des moteurs de recherche. Et le risque s’accélère : l’IA trouve des failles bien plus vite que l’humain, au point que les experts peinent à suivre. Davantage de failles détectées, c’est aussi davantage de failles corrigées. Ses conseils de base : la double authentification et, surtout, une sauvegarde automatisée du site, stockée ailleurs.
SeoMix développe aussi SEOKEY, une extension de référencement pour WordPress, disponible dans le répertoire officiel.
« Réussir son référencement web. Du SEO au GEO, tous les outils pour améliorer la visibilité de votre site », Daniel Roch et Olivier Andrieu, préface de Sylvain Peyronnet, douzième édition, éditions Eyrolles, environ 770 pages, 43 €. Parution le 3 décembre 2026.
SeoMix, 3, rue Maya-Angelou, 44200 Nantes. seomix.fr
Visuel de Une : © Alain Moreau




