Le lieu n’a pas été choisi au hasard. Le portrait de Nelson Mandela, prix Nobel de la paix en 1993, qui donne son nom au lycée, a été détruit par les flammes. C’est devant cet établissement que les personnels de direction du public et du privé ont décidé de se retrouver, « réunis et unis », pour lire un texte rédigé ensemble.
Ils y décrivent d’abord le choc : « Les événements qui ont touché plusieurs établissements scolaires ces derniers jours ont profondément marqué l’ensemble des communautés éducatives. Ils laissent les personnels de direction, comme tous ceux qui font vivre nos lycées, dans un état de sidération où se mêlent tristesse, inquiétude et sentiment d’impuissance face aux violences commises. »
Leur première pensée va aux élèves
« Notre première pensée va aux lycéennes et aux lycéens qui ont été confrontés à ces violences, qui ont vu leur établissement dégradé ou saccagé et qui, pour certains, ont été directement exposés à des situations de danger. »
Les signataires affirment que la parole lycéenne a toute sa place dans les murs. « Le lycée est un lieu d’apprentissage, mais aussi un lieu de débat, d’engagement et d’exercice de la citoyenneté. Les élèves disposent pour cela d’espaces de dialogue et d’instances représentatives, notamment les Conseils de la vie lycéenne (CVL), dans lesquels leur parole peut être entendue, discutée et portée collectivement. »
Ils rappellent aussi la limite de leur rôle
« Dans l’exercice de leurs fonctions, les chefs d’établissement n’ont pas vocation à prendre parti dans le débat politique. Leur responsabilité est de garantir la sécurité des personnes et des biens, la continuité du service public d’éducation et les conditions permettant à chaque jeune d’étudier, de s’exprimer et de construire son jugement. »
Certains d’entre eux ont été directement visés. « Ces derniers jours, des chef(fe)s d’établissements ont été pris pour cibles et certains ont été physiquement atteints. »
Le communiqué apporte son soutien à « toutes les personnes confrontées à ces violences : élèves, enseignants, personnels d’éducation, personnels administratifs et techniques, agents des collectivités territoriales et OGEC », et salue les sapeurs-pompiers et les forces de l’ordre « intervenus dans des circonstances particulièrement difficiles ».
Les fermetures temporaires sont assumées : « Lorsque la sécurité ne pouvait plus être garantie, la fermeture temporaire de certains établissements était une décision difficile, mais nécessaire. »
Le texte se conclut sur une même responsabilité, au-delà des statuts
« protéger les jeunes qui nous sont confiés, préserver l’École comme espace de savoir et d’émancipation et permettre que le dialogue reprenne ». Les signataires citent Jean Zay : « Plus que jamais, nous voulons préserver l’École comme cet « asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas », selon les mots de Jean Zay. Parce que l’École appartient à tous, il est de notre responsabilité collective de la protéger et de permettre à la parole, plutôt qu’à la violence, de s’y exprimer. »
Visuel de Une : © Jules Stephant




