Depuis le printemps 2025, le CHU de Nantes propose une alternative à l’opération pour certains nodules de la thyroïde. La thermoablation par radiofréquence se pratique sous anesthésie locale, en hospitalisation de jour, et ne laisse aucune cicatrice sur le cou. Trente-cinq patients en ont déjà bénéficié.
Une aiguille très fine, une échographie, quelques heures à l’hôpital. Pas de bistouri. Pour des patients gênés par un nodule thyroïdien bénin, le CHU de Nantes a mis en place une filière de prise en charge par thermoablation par radiofréquence. La technique réduit peu à peu le volume du nodule en préservant au maximum la thyroïde et son fonctionnement.
Des nodules fréquents, rarement traités
On les découvre chez 20 à 50 % des personnes qui passent une échographie de la thyroïde. Dans la très grande majorité des cas, ces nodules ne demandent aucun traitement et font simplement l’objet d’une surveillance.
Certains, pourtant bénins, grossissent jusqu’à devenir pénibles. Les patients décrivent des difficultés à avaler, une toux, une gêne pour respirer, des fausses routes, une sensation de compression dans le cou, ou encore une gêne esthétique. C’est à eux que s’adresse la nouvelle technique.
Elle concerne des macronodules dont le caractère bénin a été confirmé au préalable par cytoponction. L’indication est toujours discutée entre endocrinologues, chirurgiens et radiologues interventionnels.
Chauffer le nodule de l’intérieur
Guidé en permanence par l’échographie, le radiologue interventionnel introduit l’aiguille au cœur du nodule, après l’avoir repéré avec précision et réalisé une anesthésie locale. L’aiguille délivre une énergie qui chauffe les tissus de façon très ciblée. Le nodule est traité zone par zone, et ses cellules sont progressivement détruites.
L’intervention se déroule en salle de radiologie interventionnelle, par voie percutanée. Le tissu thyroïdien sain reste en place, la glande continue de fonctionner. Le patient est surveillé environ deux heures avant de rentrer chez lui.
Le résultat, lui, ne se voit pas tout de suite. Le nodule diminue au fil des mois qui suivent, l’objectif étant de faire disparaître la gêne. Des contrôles cliniques et échographiques sont donc programmés à six mois, un an puis deux ans pour mesurer la réduction du volume et l’évolution des symptômes.
Un parcours encadré
Le dossier du patient arrive par son médecin généraliste, son endocrinologue ou son chirurgien. Il est systématiquement examiné en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), qui vérifie que la thermoablation constitue bien une option adaptée. Le patient rencontre ensuite le radiologue interventionnel avant que le geste soit programmé.
« Cette technique nous permet d’élargir les possibilités proposées aux patients. L’objectif n’est pas de remplacer la chirurgie, qui reste indispensable dans de nombreuses situations, mais de disposer d’une option supplémentaire pour des patients bien sélectionnés, dont le nodule est bénin mais entraîne une gêne réelle au quotidien », explique le Dr Delphine Drui, endocrinologue au CHU de Nantes.
La filière a démarré fin avril 2025 et le premier patient a été traité en mai. Depuis, 35 personnes souffrant d’un nodule thyroïdien bénin symptomatique ont été soignées de cette manière. Le rythme actuel est d’un à deux patients par semaine.
Visuel de Une, de gauche à droite : Dr Cécile Caillard, Dr Sarah Soueidan, Dr Renan Liberge, Dr Delphine Drui, Pr Eric Mirallié, Dr Théo Cauchin, Dr Arnaud Madoz.




