Nantes

Lycée Nelson-Mandela : la Région vise une réouverture le 16 novembre

Incendié le 1er octobre en plein blocus lycéen, le lycée Nelson-Mandela de Nantes doit rouvrir le 16 novembre. Cours à distance, salles prêtées par la Région : l'internat et la cantine restent les points noirs.

Quatre semaines après l’incendie qui a ravagé son hall d’entrée, le lycée Nelson-Mandela, sur l’île de Nantes, devrait rouvrir ses portes le lundi 16 novembre. La Région Pays de la Loire, compétente pour les bâtiments des lycées, l’a annoncé ce jeudi 29 octobre. Elle qualifie l’incendie de « criminel », a déposé plainte et indique avoir sollicité le Premier ministre pour obtenir un allègement des contraintes réglementaires, afin d’accélérer le calendrier des travaux.

Un feu en plein blocus

Le jeudi 1er octobre, vers 8 h, les flammes ont envahi l’entrée de l’établissement pendant un blocus. Une cinquantaine de pompiers sont intervenus et le feu a été maîtrisé en fin de matinée. Il serait parti de poubelles avant de gagner la façade, puis l’intérieur du bâtiment. Le rectorat a fait état de violences contre des personnels avant l’incendie. Interrogée par l’AFP, la proviseure adjointe, Gaëlle Cordier, a évoqué un incendie volontaire.

Personne n’a été blessé. Une heure plus tôt, vers 7 h 30, les portes vitrées du lycée Talensac, dans le centre de Nantes, avaient elles aussi été détruites par le feu.

Des élèves de Mandela mobilisés ce matin-là se sont désolidarisés des faits, qu’ils attribuent à des jeunes venus d’autres établissements. Le député LFI de Loire-Atlantique Andy Kerbrat a mis en cause des « individus extérieurs au mouvement lycéen ». La présidente de la Région, Christelle Morançais, a dénoncé sur X « partout les mêmes casseurs ».

Le lundi 5 octobre, les chefs d’établissement des lycées publics nantais et les directeurs du privé se sont donné rendez-vous devant Nelson-Mandela, où le portrait de l’ancien président sud-africain avait été détruit par les flammes. Dans un texte commun, ils rappelaient que certains d’entre eux avaient été « pris pour cibles » et que la fermeture temporaire de plusieurs établissements avait été « une décision difficile, mais nécessaire ». Ils appelaient à protéger l’École et à « permettre que le dialogue reprenne ».

Un mouvement parti de Créteil

L’incendie s’inscrit dans une mobilisation nationale née le 21 septembre au lycée Saint-Exupéry de Créteil. Les lycéens dénoncent le manque de professeurs, les absences non remplacées, les classes surchargées et des bâtiments dégradés. Le mouvement a rapidement gagné la Loire-Atlantique. Le 1er octobre, des blocages étaient signalés aux lycées Clemenceau, Guist’hau et Monge-La Chauvinière à Nantes, mais aussi à Jean-Perrin à Rezé, Aristide-Briand à Saint-Nazaire et au lycée du Pays de Retz à Pornic.

La Loire-Atlantique a concentré la majorité des sites les plus touchés. Au 2 octobre, la Région recensait près de 40 lycées dégradés dans les Pays de la Loire, dont douze sérieusement, pour au moins 3 millions d’euros de remise en état. Nelson-Mandela en représentait à lui seul au moins 2 millions, selon les premières estimations, avant les expertises de la charpente. Le même jour, le préfet Laurent Hottiaux étendait à 27 établissements l’arrêté interdisant les rassemblements à leurs abords, et 19 personnes étaient interpellées dans la région.

Les étudiants ont ensuite rejoint les lycéens

Le 6 puis le 13 octobre, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans Nantes derrière une banderole proclamant « Écoles sans argent, pays sans avenir ». L’université de Nantes a été occupée trois jours, et ses bâtiments ont subi d’importants dégâts. À l’échelle du pays, le bilan humain est lourd des deux côtés. Le Premier ministre a fait état de 215 élèves et 85 personnels de l’Éducation nationale blessés. Amnesty International dénonce de son côté la répression policière : un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil à Tours.

Le lycée Nelson-Mandela se reconstruit

Les travaux d’urgence ont commencé le 21 octobre : nettoyage, vérification des réseaux, échafaudages, protection de la toiture et des façades. Les prochaines interventions doivent isoler les salles de cours du chantier, remettre en état les réseaux et créer un accueil provisoire. Le gymnase a rouvert le 26 octobre.

Cours à distance et salles à l’Hôtel de Région

D’ici au 16 novembre, l’établissement et le rectorat maintiennent les cours à distance. La Région met des salles de l’Hôtel de Région à disposition, avec 116 créneaux de deux heures pour que chaque classe puisse se retrouver en présentiel. La direction du lycée répartit ces créneaux avec les enseignants. Les 400 élèves de seconde ont reçu leur ordinateur individuel début octobre.

Certaines formations retrouvent des cours en présentiel plus tôt, dans d’autres établissements. Les classes préparatoires seront accueillies dès le 2 novembre aux lycées Guist’hau et Clemenceau. Les élèves du diplôme de comptabilité et de gestion iront au lycée Jules-Verne à partir du 9 novembre.

L’internat et la cantine, les plus touchés

La restauration et l’internat se trouvent dans la zone la plus endommagée. Pour les repas, la Région dit encore examiner les solutions possibles. Pour l’internat, des places ont été identifiées dans d’autres établissements, et la direction travaille à leur répartition entre les élèves. Une nouvelle information a été adressée aux familles le 28 octobre.

Inauguré en 2014, Nelson-Mandela est le seul lycée de l’île de Nantes.

Visuels : Région des Pays de la Loire et Alain Moreau.

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